Le théâtre, art du possible
C'est le devoir – ou la mission - d'un grand théâtre de proposer une vision panoramique de ce qui fait la substance du monde dont il est partie prenante.
Et pour occuper l'ensemble du champ des préoccupations actuelles dont elle se veut le reflet et le critique, toute institution théâtrale se doit d'être aussi éclectique que possible.
En faisant appel et référence autant aux textes classiques qu'aux plus pointues des créations contemporaines, le projet avoué est de fournir à nos spectateurs un outil comparatif de réflexion qui soit aussi plaisant et vivant que possible.
Dans cet esprit, l'ATJV a sommairement divisé son menu de saison selon trois grands angles d'attaque ou trois cercles concentriques.
Le premier est, pour faire vite, composé de tout ce qui, de près ou de loin, concerne la sphère restreinte de" la famille" et son dérivé "le couple" : leurs joies, leurs peines, les remises en question, les excès, les petitesses, l'humour, la tendresse, mais encore leur critique, leur bêtise ou leur intellectualisme, ce qui revient au même…
Le second aborde les problématiques de manière plus générale et l'on peut parler, en ce sens, de sujets de "société" et de son corollaire, "la politique". A la fois, pour l'exhiber, la tourner en ridicule, la questionner, en montrer la face sombre, ou moins sombre, mais alors c'est pour déclencher le rire qui fait voler en éclats…
Le troisième est un moment d'ouverture, de pure détente, de pure féerie, qui permet de prendre de la distance et de se laisser happer par la fantaisie, l'onirisme, les restes d'enfance, les bons souvenirs ; le jeu pour le jeu, le rebondissement et rien d'autre… Sans oublier l'un ou l'autre "spectacle-OVNI", qui ouvre les portes de l'inouï, du bouleversant, du retournement… Lignes de fuite…
Trois grands angles d'attaque ou de prise en charge du réel, qui sont portés par les grands noms classiques - ou quasi - de Molière, Racine, Claudel, Peter Brook, Jérôme Savary ; portés également par les fleurs colorées, piquantes et merveilleusement variées de la création contemporaine francophone, italienne, anglaise…
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De plus, l'ATJV, dans le souci particulier de présenter des spectacles de qualité accessibles au plus grand nombre, s'est particulièrement investi cette saison en prenant le risque de 7 créations, dont 2 créations mondiales, en son nom propre. Et dont la moindre n'est pas Démocratie de Michael Frayn : ce seul titre pourrait parfaitement servir d'emblème à l'idée que nous nous faisons de l'utilité du théâtre… et de son action dans la sphère qui est la sienne. Dans la mesure du possible.
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Pour le reste, il ne tient qu'à vous de venir tester sur place et "comme il vous plaira" le bien-fondé de l'agencement théâtral proposé cette saison. Ni juges, ni accusés, vous y viendrez comme à des retrouvailles désirées, assurés que vous êtes, que nous aurons fait tout, tout, tout notre possible.
Armand Delcampe, Cécile Van Snick
et toute l’équipe
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