Édito

"Aller au théâtre par les mauvais temps qui courent ? Rester chez soi et se protéger, c’est mieux !"
Décidément, non ! Ce ne serait pas faire honneur à ce que nous nous efforçons de devenir : libres, joyeux, forts, sans peur et sans ressentiment. Humains, en effet ; trop humains, parfois.
Qu’il nous soit permis de citer Jean-Marie Piemme : "Le comme si du théâtre, c’est la vérité qui doute, la vérité qui ne colle pas, qui ne veut pas vous étrangler pour vous convaincre, qui ne vous crève pas les tympans pour avoir raison… Ainsi, en des temps marqués par la morsure du religieux, la simple existence du théâtre est son premier mérite."
Tope-là ! C’est vrai que les convictions de ce genre sont plus dangereuses que nos mensonges.
Et pour exister, nous existons, ça c’est certain.
Voilà donc pourquoi nous vous convions, cette saison encore, à faire vivre et à partager ce qu’il y a de meilleur en nous. Quoi d’autre ?

Donc, nous vous proposons 24 spectacles dont 7 créations mondiales ou en Belgique. Parmi elles, nous sommes fiers de vous faire découvrir le travail lumineux, parfois dérangeant, de trois jeunes femmes-auteurs : Anja Hilling, Annie Baker et Stéphanie Blanchoud.
Dans notre recherche généalogique de quête des sens historique et poétique, nous accueillons le nouveau spectacle de Peter Brook, fidèle parmi les fidèles : Battlefield, inspiré du Mahabharata, et deux productions novatrices : Blockbuster du Collectif Mensuel et Pixel de la Compagnie Käfig.
Dans cet esprit également, nous avons fait appel aux classiques Sophocle, Molière, Labiche, Evguéni Schwartz, Ionesco aussi bien qu’aux modernes : tous travaillent au scalpel dans ce que nous avons de plus intime, dans ce qui détermine le poids, le mouvement de nos rapports avec l’Autre.
Et à partir de cette saison, l’Autre, pour l’Atelier Théâtre Jean Vilar-Centre Dramatique, c’est toujours toi, public, tu le sais, mais c’est aussi un tissu très serré de liens concrets avec l’Université et l’Aula Magna, avec les Centres culturels d’Ottignies-Louvain-la-Neuve et du Brabant wallon, ainsi qu’avec les forces créatrices de la province que sont les Baladins du Miroir et la Maison Ephémère.

- Mais, mais, vous avez dit "au scalpel" ! N’en avez-vous pas assez de cette violence ?
- C’est une métaphore…
- Et le rire explosif, le rire aux éclats, cela ne vous choque pas ? C’est brutal.
- Du tout. C’est efficace et ça soulage. Ca fait se tenir droit.
- Vu comme ça…
- Où la joie a le plus de rires, la douleur a le plus de larmes. C’est Shakespeare qui l’a dit.

Et de larmes, nous n’en verserons peut-être pas – noblesse oblige ! – quand nous aurons une pensée pour le frère, le grand frère qui a pris le train du bon Dieu ; mais, toi, Jean, Jean Louvet, nous savons bien ce que nous te devons et combien tu affirmas l’humanité rare traquée, mise au jour, en chacun d’entre nous.

Cécile Van Snick, Directrice


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© Véronique Vercheval

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Atelier Théâtre Jean Vilar | 1348 Louvain-la-Neuve - Belgique

Administration : 010/47.07.00 - info atjv.be
Réservations : 0800/25.325 - reservations atjv.be